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Le chikungunya est un virus transmis par le moustique-tigre : Son histoire et son traitement

26/05/2014 09:15

Le chikungunya est un virus transmis par le moustique-tigre.

Son histoire et son traitement

Le chikungunya n’est pas une maladie nouvelle. Le virus a été isolé pour la première fois en 1952-1953 lors d'une épidémie de fievre qui sévissait sur le plateau du Makonde dans la province de Newala au Tanganyika (actuelle Tanzanie) mais il est possible que quelques épidémies de "dengue" soient en réalité conséquence du CHIKV

Le meilleur moyen de lutter contre la transmission du chikungunya est de se protéger individuellement contre les piqûres de moustique et de ralentir leur reproduction en détruisant les gites larvaires les plus évidents.

Il se transmet d’homme à homme par l’intermédiaire de moustiques du genre Aedes notamment. Lors d’une piqûre, le moustique prélève le virus sur une personne infectée, et à l’occasion d’une autre piqûre, il le transmet à une personne saine. C’est pourquoi, le meilleur moyen de lutter contre la transmission du chikungunya est de se protéger individuellement contre les piqûres de moustique (vêtements longs, répulsifs cutanés, moustiquaires), et de ralentir leur reproduction en détruisant les gites larvaires les plus évidents (dessous de pots, déchets, gouttières).

La maladie se manifeste après une incubation de 4 à 7 jours en moyenne. Une fièvre élevée (supérieure à 38,5°C) apparaît brutalement, accompagnée de maux de tête, de courbatures ou de douleurs articulaires, qui peuvent être intenses, touchant principalement les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges). D’autres symptômes peuvent également être associés, telle une conjonctivite, une éruption cutanée, des nausées.

L’évolution peut être rapidement favorable, si le malade répond bien au traitement symptomatique. Cependant, la maladie peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des douleurs articulaires persistantes et incapacitantes

Il n’y a pas de traitement curatif contre le virus. Aucun vaccin n’a été finalisé et chaque symptôme est traité spécifiquement. Il est par ailleurs fortement déconseillé d’utiliser des traitements à base de plantes ou des substances qui n’ont pas été prescrites par un médecin traitant.

Traitement et prévention

La prise en charge médicale est purement symptomatique, reposant sur des traitements anti-douleurs et anti-inflammatoires. Ces traitements n’ont cependant aucun effet préventif sur la survenue d’une évolution chronique. Une corticothérapie peut s’avérer nécessaire dans les formes sévères d’évolution subaiguë – chronique.

À la phase aiguë, il repose principalement sur l’administration de médicaments contre les douleurs (antalgiques) et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens.

L’aspirine doit être évitée à cause du risque d’hémorragies.

Conseils de protection contre le moustique AEDES, vecteur du virus CHIKUNGUNYA

Bombes insecticides

Protection de courte durée, elles servent à abattre immédiatement un insecte. A pulvériser également dans une pièce avant de se coucher.

Climatisation

Le froid de la climatisation empêcher les moustiques et autres insectes de pénétrer dans une chambre et ralentit son activité mais ne le détruit pas.

Crèmes, lait et gels

A appliquer sur la peau de préférence une heure avant le coucher du soleil et au moment d’entrer au lit.

Diffuseurs électriques

Protection de longue durée (8-10h/nuit pendant plusieurs nuits) diffusant régulièrement un insecticide inoffensif (alléthrine ou pyréthroide). Utilisation prolongée déconseillée dans une chambre de bébé.

Huiles essentielles

Certaines plantes comme la citronnelle, lle géranium, la lavande, le pin, la menthe, la cannelle contiennent des huiles essentielles qui s’évaporent et éloignent les moustiques. La protection n'excède pas deux heures et d'une efficacité faible

Moustiquaire

Idéal pour protéger les jeunes enfants et les femmes enceintes qui ne peuvent utiliser de produits chimiques. Disposer aux portes et fenêtres, suspendre au dessus du lit et du berceau.

Moustiquaire chimique

C'est une protection très efficace testée en Afrique contre le paludisme.. Elle doit être imprégnée tous les 6 mois avec un insecticide à base de pyréthrinoïde (perméthrine, deltaméthrine, lambdacyhalothrine, cyfluthrine etc) ou un pseudo-pyréthrinoide (étofenprox).

Plaquette électrique

Placée sur une grille chauffée électriquement elle libère un insecticide par évaporation

Répulsifs

Les sprays répulsifs sont des substances d'origine naturelle ou synthétique. Les répulsifs sur la peau sont efficaces, mais leur faible durée d’action et leur élimination rapide, notamment en cas de sueur ou d’abrasion par les vêtements limite leur emploi. Ils sont contre-indiqués pour les nourrissons de moins de trois mois et les femmes enceintes et l’avis d’un pharmacien est nécessaire pour l’achat de ce type de produit.

Serpentins

Les serpentins, en forme de spirales à brûler peuvent être utilisés sous une véranda ou dans une pièce aérée et ont une efficaté de 6 à 8 heures. On les trouve dans les supermarchés, les pharmacies ou les épiceries de quartier.

Vêtements

Vêtements légers de coton blanc, avec manches longues (pantalons, chemises) afin de réduire la surface de la peau exposée aux piqûres. La couleur blanche tend à écarter les Aedes.

Prevention

La prévention de cette infection est à la fois collective et individuelle, reposant sur la lutte anti-vectorielle. A l’échelle individuelle, il s’agit de limiter sa propre exposition au moustique vecteur, en portant des vêtements longs, en s’appliquant des répulsifs cutanés, et en utilisant des insecticides sur les vêtements et les moustiquaires. Collectivement, une lutte anti-vectorielle à large échelle consiste en des épandages précautionneux d’insecticides et une élimination des gîtes larvaires potentiels, particulièrement autour des habitations (pots de fleur, récipients divers, pneus usagés, déchets encombrants, etc.).

Interdiction

Il est fortement recommandé de ne pas utiliser :

1- Les bracelets anti-insectes pour se protéger des moustiques et des tiques. 2- les huiles essentielles dont la durée d’efficacité, généralement inférieure à 20 minutes, est insuffisante.

3- les appareils sonores à ultrasons, la vitamine B1, l’homéopathie, les raquettes électriques, les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide

La maladie est responsable d'affections sévissant sous forme endemique en zones rurales d'Afrique subtropicale, et sous forme epidemique dans des populations non immunes, en particulier urbaines, aussi bien en Afrique qu'en Asie du sud (Inde, Vietnam).
Deux principaux foyers de chikungunya sont dénombrés : l’un asiatique, qui frappe régulièrement Java, ou l'Inde (près de 1,3 million de personnes infectées), l’autre africain.

Le chikungunya a fait son apparition aux Comores en juillet 2004. Le nord de Madagascar, Maurice, les Seychelles et Mayotte, avec plus de 5 000 cas officiellement déclarés, ne sont pas épargnés, même si les médias s'en font peu l'écho (si les chiffres annoncés à la Réunion sont proches de la réalité, de sérieux doutes peuvent être émis concernant les 4 autres régions précitées). Les maladies importées dépassent les 1 000 cas entraînant un risque de dissémination s'il existe un insecte vecteur.

Des épidémies de chikungunya antérieures à 1952 ont pu être identifiées rétrospectivement à la lumière des connaissances actuelles de la maladie. Ainsi, Carey a avancé que certaines épidémies attribuées au virus de la dengue, étaient en fait des épidémies de chikungunya : Le Caire et Batavia-Jakarta en 1779, Zanzibar en 1823 et 1870, l'Inde en 1823, 1824-1825 et 1871-1872, Hong-Kong, la Birmanie (actuel Myanmar) et Madras en 1901-1902. La réattribution rétrospective de ces épidémies au virus chikungunya repose d'une part sur la coexistence des virus de la dengue et du chikungunya dans ces régions, et d'autre part sur les descriptions faisant état de douleurs articulaires et de complications à type d'arthrite plus compatibles avec une fièvre chikungunya qu'avec une dengue.

La situation en France et en Europe

Le risque d'importation du virus du chikungunya en Europe et en France en particulier est très élevé, compte tenu des flux de circulation entre le continent et les Antilles.

Une quinzaine de cas importés ont déjà été signalés dans les zones à risque situées dans le sud de la France où sévit le moustique Aedes Albopictus, vecteur de la maladie du chikungunya. Aucune donnée n'est officiellement disponible pour l'ensemble de la France métropolitaine, mais il est fort probable que d'autres cas importés existent et seront de plus en plus nombreux un peu partout sur le territoire, à l'approche de l'été.

Ailleurs en Europe, l'Italie à déclaré un cas importé chez une personne originaire de la ville de Campiglia située à l'ouest, au sud de la Toscane. Un homme a déclaré la maladie dès son retour d'un séjour en République Dominicaine le 07 mai dernier.
Aucun autre pays n'a, à notre connaissance, signalé officiellement de cas de chikungunya importés des Antilles ou d'autres îles des Caraibes.

Propagation de l'épidémie aux îles voisines

Le virus s'est depuis propagé aux îles voisines de Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy ainsi qu'en Guyane Française, avec une circulation plus ou moins importante en fonction des régions.

Avec une circulation du virus généralisée à l'ensemble du territoire, l'île de Saint-Martin a été placée en phase épidémique dès le 06 décembre 2013. Depuis, la situation s'est améliorée et l'île a été repositionnée en situation de transmission modérée le 30 avril 2014.

En Martinique où les premiers cas ont été confirmés le 18 décembre 2013, l’intensification de la circulation virale a conduit les autorités sanitaires à déclaré le département en situation épidémique le 23 janvier 2014.

Le 24 décembre 2013, un premier cas autochtone a été confirmé en Guadeloupe. La circulation du virus s'est depuis intensifiée et le département a été placé en situation épidémique le 10 avril 2014.
En Guyane, les autorités sanitaires ont placé le département en situation de circulation autochtone modérée après la découverte d'un foyer de transmission à Kourou le 19 février

2014.- Dans les Antilles non françaises, le virus du chikungunya est présent dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Il s'est ensuite progressivement et chronologiquement propagé et installé dans les îles vierges britanniques, à La Dominique, dans les îles d'Anguilla, de Saint-Kitts & Nevis et de Sainte-Lucie, à la République Dominicaine, dans les îles de Saint-Vincent et les Grenadines, à Antigua et Barbuda et à Haiti.

Le chikungunya a également été identifié chez des touristes revenant des caraibes dans l'île d'Aruba, dans l'état de Floride aux USA et au Panama.



Département - COM

Cas Suspects

Cas confirmés

Décès

Dernière MAJ

Guadeloupe

18.000

 

1

23/05/2014

Guyane Française

--

176

 

23/05/2014

Martinique

26.670

 

9

23/05/2014

Saint-Barthélemy

510

   

23/05/2014

Saint-Martin (FR)

3.280

 

3

23/05/2014

- Dans les autres îles des Antilles-Caraibes au 23 mai 2014
La situation épidémiologique dans les îles non françaises des caraîbes communiquée par le PAHO (Pan American Health Organization) Organisation Panamericaine de la Sante était la suivante :

Pays

Cas importés

Cas
locaux

Décès

Dernière MAJ

Anguilla

1

33

 

23/05/2014

Antigua and Barbuda

 

4

 

23/05/2014

Aruba

1

0

 

23/05/2014

Dominique

1

122

 

23/05/2014

Haiti

 

3.460

 

23/05/2014

Iles vierges (UK)

 

20

 

23/05/2014

Panama

2

   

23/05/2014

République Dominicaine

 

32.519

 

23/05/2014

Saint-Kitts & Nevis

 

21

 

23/05/2014

Saint-Martin (NL)

 

343

 

23/05/2014

Sainte-Lucie

 

12

 

23/05/2014

St-Vincent et les Grenadines

 

57

 

23/05/2014

USA

4

   

23/05/2014


Le bulletin hebdomadaire du PAHO de cette semaine est un peu plus riche d'informations que celui de la semaine dernière. Mais des données compilées à partir des journaux locaux ont été nécessaires pour l'actualiser.

L'épidémie continue de s'étendre en Haiti et les chiffres officiels annoncés de 3.460 cas ne reflètent pas la réalité du terrain.

D'autres îles des caraibes enregistrent de nouveaux cas cette semaine : La Dominique (+7), Saint-Kiss & Nevis (+20), Sin Marteen (+18) et Saint-Vincent et les Grenadines (+18).

En République Dominicaine, le dernier bilan officiel en date de la semaine 17 fait état 14.389 cas suspects. Mais les derniers chiffres communiqués cette semaine font état de 32.519 cas suspects dans 20 des 32 provinces dominicaines. Ces chiffres sont largement sous-évalués compte tenu de l'affluence enregistrée depuis des semaines dans les hopitaux dominicains.

- En Amérique central, du nord et du sud

Un nouveau pays à déclaré cette semaine des cas importés de chikungunya en provenance de la zone caribéenne : le Panama. Deux cas, un importé d'Haiti et l'autre de la République Dominicaine ont été officiellement déclarés le 21 mai 2014.

Les Etats Unis ont déclaré le 16 mai 2014 leurs trois premiers cas d'infection au virus du chikungunya en provenance de la zone caribéenne. Un cas supplémentaire a été enregistré cette semaine, ce qui porte à 4 le nombre de cas importés en Floride.

D'autres pays d'Amérique central et du sud sont en alerte maximale, comme le Honduras où des cas importés ont été enregistrés en 2013, le Mexique, le Vénezuela et le Brésil où les états du nord proche de la Guyane ont pris des mesures sanitaires pour se protéger contre une introduction du virus.

Situation, évolution et lutte contre l'épidémie

La tendance générale est à la stagnation à Saint-Barthélémy et à Saint-Martin. L'épidémie repart à la hausse en Guyanne, continue en Martinique et explose en Guadeloupe.

L'amélioration de la situation à Saint-Martin a conduit les autorités sanitaires à repositionner la collectivité en phase 2 (transmission modérée) du Psage chikungunya depuis le 30 avril dernier.

Les îles de la Martinique et de la Guadeloupe restent placées en phase 3a (épidémie avérée) du Psage, alors que Saint-Barthélemy actuellement placée en phase 3a, fera l'objet d'une réévaluation en raison de l'amélioration continue de la situation.
Enfin, en raison des nouveaux foyers détectés à Kourou, la Guyane actuellement placée en phase 2 du psage chikungunya (transmission locale modérée) fera l'objet d'une réévaluation de sa situation le 23 mai 2014.

Ces confirmations devraient faire suite à la surveillance hebdomadaire à travaers Haiti, après le signalement de ces cas suspects de chikungunya en Haiti et presque à travers le monde pouvant conduire aux autorités sanitaires haitiennes à activer un Programme de Surveillance, d’alerte et de gestion d’émergence du virus Chikungunya dans le pays.

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