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Les causes d’instabilité politique haytienne.

08/07/2015 23:04

Les causes d’instabilité politique haytienne.

Certains médias du monde entier ne cessent de publier une quantité incroyable de documents d’absurdités sur Hayti.

Au cours de mes differentes récherches voici une petite compilation que je vous ai préparé juste pour vous aider à comprendre la source des differentes causes d’instabilité socio-politique haytienne.

Meme si nos dirigeants anterieurs auraient commis beaucoup d’«erreurs» certes, Mais il y avait eu des choses importantes qui seraient bon à savoir sur notre sort. Il faudrait qu'on se mettrait ensemble pour trouver une solution negociée entre nous "Haytiens, Haytiennes" pour changer notre pays.

Le spectateur ingénu n’y comprend rien. Le fait que l’oppression séculaire du peuple haïtien ne l’a toujours pas amené à une acceptation fataliste de son sort force notre admiration. Malheureusement, c’est la seule chose positive qu’on puisse dire aujourd’hui d’Hayti. A La France on exige toujours le remboursement de la « dette » de notre indépendance.

Tant la France, puissance coloniale, que les États-Unis esclavagistes considérèrent la chose d’un très mauvais oeil. Les États-Unis soutinrent la France jusqu’au dernier moment. Le commandant en chef français écrivit à Napoléon que la seule façon de maintenir la domination française était « l’éradication complète de la population noire ».

Les esclaves libres payèrent chèrement leur victoire. Un tiers de la population avait perdu la vie et l’agriculture, la seule source de revenus, était complètement anéantie. Les pays esclavagistes voisins étaient indignés et soutinrent la France qui exigeait des dédommagements financiers pour sa propriété « perdue ». Puisque c’était la seule façon de sortir de son isolement politique et économique, le nouveau pays se vit obligé de reconnaître cette « dette » enfin 21 ans plus tard, le 17 Avril 1825, par une ordonance du roi de France qui a donc reconnut l’independence du peuple haytien. Il fut stipulé que le gouvernement d’Hayti payerait une indemnité de 150 millions de Francs-or payable en cinq ans et expédia une flotte de 14 navires de guerre. Cette somme représentait 10 années de recettes fiscales du pays. Boyer accepta. Dès 1826, Hayti fut reconnu par presque toutes les nations à l’exception des Etats-Unis et que les navires du commerce francais qui aborderaient à Saint Domingue ne payeraient que la moitié soit 50% des droits imposés aux autres nations. Boyer dut créer un impot spécial, source d’impopularité, et négocia un emprunt de 30 millions à une banque française avec un taux d’intérêt de 6%, tout en demandant une réduction de la dette. Charles X exigea également dans ce décret une réduction de 50% des droits de douanes pour les produits d'exportation vers la France. La dette fut ramenée à 90 millions payables en trente ans, en février 1833.

Entre 1849 et 1913, la marine de guerre américaine envahit Hayti à 24 reprises afin de « protéger des vies et des propriétés américaines ». Les États-Unis attendaient 58 ans avant de reconnaître l'independance d'Hayti, en 1862.

Bien qu’Hayti eût été reconnu en 1862, il a fallut encore attendre 24 ans, ceci jusqu’en 1886 pour que soient engagées de véritables relations diplomatiques entre les deux pays. Le premier ambassadeur d’Hayti se vit toutefois notifier l’interdiction de s’établir à Washington, DC. La présence permanente d’un diplomate noir y était tout bonnement considérée comme « socialement inadmissible ». Force lui fut donc de s’installer à New York.

Le ministre des Affaires étrangères William Jennings Bryan (sous le mandat du président Wilson, le grand pionnier du droit d’autodétermination des peuples) trouvait la chose amusante : « Ça alors ! Vous vous imaginez ? Des nègres qui parlent français ! » En 1917, lors d’une visite auprès du fonctionnaire américain qui dirigerait l’occupation d’Hayti, le vice-ministre de la Marine, Franklin Delano Roosevelt, déclara ceci à propos du ministre haytien de l’Agriculture : « En 1860, cet homme aurait rapporté 1500 dollars comme reproducteur lors d’une vente publique à La Nouvelle-Orléans. » Il trouvait l’anecdote amusante et, en 1934, alors qu’il était président, il la raconta encore à l’ambassadeur des États-Unis à Hayti.

Franklin D Roosevelt, Ex-President des Etats-Unis d'Amerique, dans sa declaration sur Hayti citant :
"Il faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s'entre-déchirer les uns les autres, c'est la seule façon pour nous d'avoir une prédominance continue sur ce pays de nègres qui a conquis son indépendance par les armes. Ce qui est un mauvais exemple pour les 28 millions de noirs d'Amérique."

Sous le président Reagan, 24.000 Haytiens atteignirent la Floride et 11 d’entre eux, pas un de plus, reçurent l’asile politique (durant la même période, tous les 75.000 boat people cubains furent admis aux États-Unis).

En septembre 1883, devant une insurrection bourgeoise à Port-au-Prince, le président noir Lysius Salomon fit massacrer 4.000 mulâtres. Il fallut la menace d’une intervention étrangère pour que le calme revint. Salomon, néanmoins, sut rétablir les finances du pays; il acheva le paiement de la dette. Il développa l’enseignement secondaire et rural. Devant une double révolte de Port-au-Prince et des cacos, il dut s’exiler en août 1888.

Après plus d’un an d’anarchie, Florvil Hyppolite prit le pouvoir. En 1891, il tint tête à la volonté des Etats-Unis d’Amerique de se faire concéder la pointe nord-ouest du pays : le môle Saint-Nicolas. La même année, devant une sédition d’une partie de sa garde, il fit massacrer 150 personnes. En 1896, les révoltes reprirent; Hyppolite mourut d’une crise cardiaque.

L’affaire Luders

L’affaire Luders est une tranche d’histoire qui a marqué la vie du peuple haïtien : une plaie profonde qui nous a atteints jusque dans nos entrailles. C’est une tranche de vie difficile à expliquer, une pilule amère pas très facile à avaler, et pourtant elle est bien vivante et réelle même si elle nous laisse un fade arrière-goût troublant avec un crachat sanguinolent et une déshydratation sévère avec risque de collapsus.

Dans l’année 1890, les écuries centrales de Port-au-Prince que dirigeait Émile Luders se trouvaient à l’angle des rues du Peuple et des Fronts-Forts. Luders avait un employé, un cocher qui s’appelait Dorléus Présumé et il avait 19 ans. Le 21 septembre 1897, dans l’avant-midi, deux agents de police entrèrent dans les écuries centrales pour procéder à l’arrestation de Dorléus Présumé suspecté de vol. Alerté par le vacarme qui se produisait au rez-de-chaussée, Emile Luders descendit, fou de rage, pour s’opposer à l’arrestation de son employé. Malgré tout, il a été conduit de force au bureau de la police.

Un peu plus tard, Luders se présenta personnellement au bureau de la police pour réclamer avec arrogance et propos outrageux la libération pure et simple de son employé. Il fut lui aussi appréhendé pour délit de rébellion avec violence, coups et blessures contre les policiers et déféré devant le juge de paix qui le condamna à un mois de prison doublé d’une amende de 48 gourdes. Il fit appel de la décision et a quand même écopé d’un an d’emprisonnement le 14 octobre 1897.

Trois jours plus tard, l’Allemagne intervint dans le dossier avec l’appui des USA pour demander l’annulation de la sentence, la révocation du verdict, la libération de Luders, la révocation des policiers qui avaient procédé à l’arrestation et la mise en disponibilité des juges qui avaient prononcé la décision.

Le président Tirésias Simon Sam, pour éviter les conflits diplomatiques, ordonna la libération de Luders qui quitta le pays le 22 octobre 1897. Très peu satisfait de la décision, parce que ni les policiers ni les juges n’avaient été révoqués, le chargé d’affaires allemand Count Schwerin exigea le 6 décembre 1897 du gouvernement haytien :

1) le retour d’Émile Luders dans le pays parce qu’il est né de mère haytienne et de père allemand;

2) une rançon de 20 000 dollars à verser à l’Allemagne pour manque d’égard;

3) la salutation du drapeau allemand de 21 coups de canons;

4) une lettre d’excuse adressée au gouvernement allemand;

5) une cérémonie officielle organisée en l’honneur du chargé d’affaires allemand Count Schwerin.

Le gouvernement haytien n’avait que quatre heures pour réagir. En cas d’acceptation, il hisserait un drapeau blanc au mât du Palais national, dans le cas contraire, les navires de guerre allemand Charlotte et Stein qui avaient jeté l’encre sur les côtes haytiennes bombarderaient le pays. La nation était prête à lutter pour l’honneur et le respect de la patrie mais le président Sam capitula sans aucune forme de procès et perdit le pouvoir quelque temps plus tard.

Bien que le gouvernement haytien exécutât à la lettre, les exigences de l’Allemagne, le lendemain de cette affaire et après que les deux navires de guerre allemand eurent quitté les côtes marines haytiennes, on retrouva :

""le drapeau haytien sali, piétiné et baigné de matières fécales""

L’affaire Luders reste et demeure une honte pour le pays, pour la diplomatie, pour la communauté internationale, une profanation pour le drapeau national. Elle a prouvé, une fois de plus, que depuis longtemps les dirigeants haytiens ont souvent manqué de courage dans la défense des intérêts supérieurs de la nation. Et jusqu’aujourd’hui aucune réparation n’a été ni envisagée ni sollicitée. Nous avons toujours cette boue sur nos visages ; cette humiliation qui coule comme du sang dans nos veines ; cette tristesse, comme un deuil éternel dans nos cœurs ; cette honte dans nos regards et ces matières fécales sur notre bicolore… Il faut des et des générations d’Haytiens éduqués et motivés pour soigner cette blessure profonde et redonner à ce peuple toute sa dignité et sa fierté.

Les luttes entre factions militaires reprirent. Même les opposants au pouvoir en place se déchirèrent. Un président chassait l’autre: entre 1908 et 1915, il y en aura neuf.

Nous vivons depuis cette époque à genoux ; comme un peuple humilié, nous attendons la délivrance. Nous espérons la venue d’un messie, d’un rédempteur pour nous enlever cette souillure qui porte atteinte à notre réputation de peuple libre et indépendant. Nous avions mis trop d’eau dans notre vin maintenant, il n’a plus de saveur. Nous avions avalé trop de couleuvres ; maintenant, elles nous enlèvent l’appétit. L’assiette dans laquelle nous avions mangé ce plat indigeste depuis plus de deux siècles n’a jamais été lavée. Maintenant, il sera plus difficile d’enlever les déchets pour lui redonner sa splendeur d’antan. On a réagi, certes ; même si la réaction n’est pas à la hauteur de l’affront mais elle a au moins montré qu’il y a eu des gens dans ce pays qui sont prêts à mourir pour le drapeau et pour la patrie.

En 1917, l’ancien president du senat haytien et Président de la republique Philippe Sudre Dartiguenave demanda la dissolution de l’Assemblée Nationale qui avait refusé d’approuver une Constitution inspirée par le secrétaire à la Marine des États-Unis et signer un Traité, base légale de l’occupation, par lequel ils prenaient le contrôle des douanes et de l’administration haytienne. Francklin D. Roosevelt. Ceci fut fait par la gendarmerie, commandée par le Marine Smedley Butler.

En 1918, celle-ci fut approuvée par référendum (mais avec 5% de votants). D’inspiration libérale, elle autorisait la propriété foncière aux étrangers. Dessalines avait interdit celle-ci et ce point était resté un principe inaltérable de toute législation jusqu'alors.

La National City Bank fut critiquée pour des pratiques déloyales, telles que le refus de payer au gouvernement d'Hayti les intérêts sur l'argent déposé sur ses comptes, qui étaient transférés à New York. Elle ne se mit à payer les intérêts qu'après 1922, mais seulement à un taux de 2%, au lieu des 3,5% accordés aux autres dépositaires équivalents. Selon le sénateur et économiste Paul Douglas, cela équivalait à une perte d'un million de dollars en intérêt.

Malgre tout, les Haytiens conservèrent une forte hostilité envers l'occupant américain qui n'hésitait pas à faire usage des armes. En 1929, la crise economique mondiale réduisit les exportations agricoles alors que des taxes et normes nouvelles frappaient les paysans. Le 6 décembre, des paysans protestataires se heurtèrent à des Marines au lieu-dit de Marchaterre: il y eut plus de dix morts. L’opposition se déchaîna. Le Président américain Herbert Hoover proposa au Congres americain l’envoi d’une commission d’enquête dans le but de se retirer d’Hayti. Elle fut dirigée par William Cameron Forbes. En avril 1930, elle fit élire un président provisoire: Louis Eugène Roy qui organisa des élections législatives. En novembre, Stenio Vincent fut élu à la Présidence.

Le 21 août 1934, les troupes américaines laisserent le pays mais les États-Unis d’Amerique maintiendront cependant leur contrôle sur les douanes jusqu'en 1946.

En octobre 1937, se déroule un massacre d’Haytiens en Republique Dominicaine. Ce fut un évènement dramatique survenu à la suite de la décision du président de la République dominicaine, Rafael Leonidas Trujillo Molina, d'éliminer physiquement les membres de la communaute haytienne travaillant dans les plantations dominicaines. Ce massacre organisé par l'armée dominicaine, sous le nom d'"Opération Perejil" va causer la mort d'environ 20.000 Haytiens, hommes, femmes et enfants. Ce massacre est surnommé "Kouto-a" ou kout kouto (le couteau) par les Haytiens. Il se déroula près de la frontière haytiano-dominicaine le long de la riviere du Massacre nommée ainsi depuis ce carnage.

L’année 1957 fut troublée de putchs, attentats et scandales. Le président provisoire Daniel Fignolé fut défait par le chef de l’armée qu’il avait nommé lui-même un mois plus tôt. En septembre 1957, l’armée organisa des élections: le médecin Francois Duvalier, dit «Papa Doc», fut élu président de la République, grâce au soutien des Noirs qui virent en lui le moyen de mettre fin au règne des Mulâtres.

Le 8 avril 1961, il prononça la dissolution du Parlement. Duvalier échappa à plusieurs putschs : En 1958, huit hommes occupant par surprise les casernes Dessalines de Port-au-Prince, firent croire un temps qu’ils menaient l’armée ; en 1959, pendant sa maladie, son adjoint, Barbot, aidé de marines américains, empêcha le débarquement d’un commando. Sitôt rétabli, Duvalier décida d'emprisonner Barbot pendant seize mois...

Craignant une opposition de la part de l'Eglise Catholique Romaine, Duvalier expulsa plusieurs prêtres ainsi que deux évêques. Il fut excommunié en 1961. En 1966, Duvalier reprit contact avec le Vatican.

La Republique d’Hayti, L’ile de La Tortue et l’Angleterre

En 1971, l'île de La Tortue est louée par l'Etat haïtien à une compagnie texane (une compagnie de l’Etat du Texas) en vue d'un aménagement touristique, mais on n’ignore si ce contrat fut annulé. Mais Il y a encore du doute sur ce contrat.

La situation d’Hayti serait la suite logique d’une application conséquente de l’actuel système économique. Dans ce cas, on ne peut toutefois pas montrer du doigt les seuls États-Unis. L’Allemagne, l’Union européenne, il y a aussi l’Angleterre et la France en particulier ont beaucoup de crimes et de sang haïtien sur les mains.

Dans un contexte de crise systémique globale profonde : humaine, économique, écologique et politique, il paraîtrait essentiel d’encourager la création de nouveaux espaces de vie capables de répondre aux besoins humains de notre société contemporaine en Hayti.

"Entre les dérives de tous les pouvoirs etablis en Hayti de 1806 à nos jours et les manques de responsabilités des maires dans les villes surpeuplées où évoluent misère, exclusion et violence, et aussi des campagnes où évoluent abandon et friches, notre conviction est qu’un nouveau projet de société n’est possible, au nord comme au sud, que par la synthèse des valeurs et des acquis du monde rural et de la société urbaine".

Dans une forme idéale et collective pour répondre de manière globale à l’ensemble des besoins, les forces vives de la nation se déploieraient ces 5 axes majeurs suivants avec le changement chez les haytiens au centre :

a)- gouvernance partagée,

b)- agroécologie,

c)- éducation/transmission,

d)- eco-construction,

e)- économie locale, régionale, nationale et solidaire

Dans ce cas, Il faut réunir rapide-vite tous ceux qui partagent les mêmes aspirations politiques et la volonté afin de les engager ensemble autour d’un projet de société commune qui réconnaîtraient le changement humain en passant par l’education civique comme fondement du changement global et sociétal en Hayti, au cas ou l’on arriverait pas à le faire nous continuerons sur la route d’une nation en voie de disparution.

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